10 ans déjà

Non, ce n’est pas la durée de notre relation, ni le temps depuis lequel nous nous connaissons et encore moins, le nombre d’années depuis lequel nous voyageons.

Il y a 10 ans, nous nous réveillions en apprenant qu’un terrible séisme et tsunami venaient de détruire une partie de l’Indonésie, du Sri-lanka, de l’Inde et de la côte Ouest de la Thaïlande. Aujourd’hui, la Thaïlande, et peut-être une partie du monde, commémorent ces dix années passées à reconstruire et tirer des leçons.

Cette vingtaine de jours dans cette zone, nous a beaucoup fait penser et réfléchir à ce qu’il s’est passé ce jour là et depuis.

Nous avons ressenti beaucoup de souffrance. A chaque fois que nous regardions la mer, nous imaginions cette vague arriver, tout emporter sur son passage. Les cris, les débris, les morts, les secours, l’organisation. A chaque nouvelle ville ou île, nous avons regardé des vidéos et des photos afin de comprendre d’où venait cette vague et de voir les dégâts. Nous avons rencontré plusieurs personnes qui de près ou de loin ont (sur)vécus le tsunami, sans trop oser en parler de peur de raviver des émotions. Nous avons visités plusieurs monuments dont le bateau de police 813 à Khao Lak qui aura été le plus émouvant et le plus spectaculaire. Ce bateau a été trainé depuis la côte sur 2km. Les autorités ont décidé de le laisser sur place pour ne jamais oublier la force de cette vague. Tant de questions. Pendant ces quelques jours, nous avons vécus avec cette épée de Damoclès sur notre tête, ne sachant si cela pouvait (ou allait) se reproduire.

Durant tout ce temps, nous avons bien vus que nous étions plus anxieux que tous les thaïs que nous avons rencontrés. Pendant ce séjour, nous avons essayé de nous rassurer, de nous dire que les choses ont changé. Désormais, un système d’alerte par haut-parleur et des panneaux indiquant les routes d’évacuation vers les points culminants des villes/îles ont été placés sur les plages et dans les grandes artères des villes. Quant aux moyens de communication, je pense aux smartphones, à leurs notifications, à leurs applications comme Twitter, et même au réseau, ils sont bien meilleurs.

Les commémorations ne sont pas l’apanage des thaïlandais qui ne souhaitent plus penser à ce qu’il s’est passé. Les thaïs sont des gens très fiers, qui souhaitent aller de l’avant, regarder vers le futur plutôt que de se lamenter. Cependant, ne sachant pas ce qu’il va se passer dans le pays aujourd’hui, je ne peux pas affirmer que seuls les étrangers seront là pour commémorer cette date, les disparus et tout ce qui a été fait depuis.

Demain, BBC World diffusera un reportage sur l’un des survivants. Cet homme s’est malgré tout porté volontaire pour reconstruire le pays et s’est vu confier la construction des premiers bâtiments de l’orphelinat dans lequel nous avons passé une semaine. En attendant, je vous propose d’écouter le témoignage de cette jeune fille, BOW, qui n’avait que 6 ans lorsque le tsunami a dévasté la ville où elle vivait et a tué son père

Allez, dans quelques jours c’est le nouvel an.

Ca s'est passé ici

2 commentaires

  • Maman NIESS  

    Très beau témoignage, Julie! J’en suis très émue….
    Nous aussi avons frissonné de vous savoir dans des villages ou des îles tristement célèbres, mais comme vous, nous n’en avons pas parlé.
    Plein de bisous à tous les 2
    Mam

  • Marie  

    Oui entre les tsunamis et les avions qui font de la plongée, on est moyen rassurés… 😉

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